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Version imprimable : Confinement _ Reflexions sur la situation actuelle

Chers paroissiens,

 

La situation que nous vivons actuellement, la privation des célébrations publiques de la messe, est douloureuse. La tentation d’y répondre par des pratiques ou des propositions non prévues par l’Eglise et par sa Tradition est grande mais ne semble pas satisfaisante.

Il faut vivre ce temps comme un temps d’épreuve, de purification, et aussi de réflexion pour cultiver l’attitude la plus juste et continuer de vivre pleinement en chrétien.

Nous avons bien sûr tous besoin de nous nourrir spirituellement et/ou sacramentalement, mais d’abord c’est au Sacrifice du Christ que nous communion en participant à la messe. C’est un don qui nous est fait, qui est fait en premier lieu à l’Eglise entière. « Cette grâce de l’Eucharistie est donnée d’abord à l’Eglise. L’effet de la communion sacramentelle est de communier à l’Eglise au sein de laquelle retentit la Parole, elle aussi présence réelle du Logos (du Christ) » (de Lubac, Catholicisme p. 74). Il faut donc veiller à ne pas séparer la célébration de l’Eucharistie de la communion.

Dans les conditions qui sont les nôtres aujourd’hui, nous sommes empêchés de former une assemblée visible. C’est une situation exceptionnelle qui nous invite à nous interroger sur notre lien à l’Eucharistie dans toutes ses dimensions : personnelle bien sûr mais aussi communautaire et ecclésiale. Dans la liturgie familiale du dimanche que nous vous proposons il y a une vraie possibilité de s’associer à la prière de l’Eglise et à la messe célébrée dans la cathédrale. Aussi je vous invite à prendre le temps de réfléchir à quelques questions :

  • Nous vivons dans une société de consommation dont nous dénonçons l’individualisme : nos réactions peuvent être marquées par cette tendance profonde. Aussi le risque existe que notre lien à l’Eucharistie puisse être abîmé ou affaibli par ce travers. Participer à la Messe, communier ne pourra jamais être considéré comme une revendication mais un comme un don, le don que Dieu fait de Lui-même.

 

  • Ce jeûne eucharistique qui nous est ainsi imposé (pour des raisons que l’on peut considérer comme injuste) ne peut-il pas être fécond et renouveler notre désir eucharistique, un peu comme une attente qui dilate la faim et la purifie ? Comment faire pour que ce jeûne porte des fruits ?

 

  • De nombreux chrétiens dans notre monde vivent des situations de réelles persécutions et ne peuvent ni assister à la messe ni communier. Pourtant leur dévotion eucharistique et leur foi sont d’une force étonnante. Leur témoignage n’a-t-il pas quelque chose à nous apprendre ? Comment prenons-nous en compte dans notre vie chrétienne habituelle le fait qu’un grand nombre de nos frères soient privés de la célébration eucharistique à cause du manque de prêtres, de la guerre, de l’exil, de dictatures ? Pour autant ils ne sont pas abandonnés de tous secours de la grâce ! Chaque messe célébrée est célébrée pour la « multitude ».

 

D’un autre côté beaucoup de nos frères chrétiens ont abandonné le chemin de l’Eucharistie dominicale. C’est une infinie tristesse de voir des personnes mourir spirituellement ainsi. Comment portons-nous dans la prière ceux qui ne voient pas que cette participation dominicale au sacrifice du Christ est une nécessité de Salut ?

 

  • Faut-il alors repousser cette épreuve, cette croix ? Ne faut-il pas plutôt apprendre à l’offrir comme un juste sacrifice spirituel ? comme une autre manière d’être unis au sacrifice eucharistique, ou toutes nos vies sont offertes et consommées comme le dit saint Paul aux Romains ? (Rm 12, 1 sv.)

 

Peut-être pourrions-nous nous inspirer du (futur) saint Charles de Foucauld dont la dévotion au culte eucharistique n’est pas à prouver. De juillet 1907 à janvier 1908, pendant 7 mois, frère Charles a dû renoncer à célébrer l’Eucharistie à Tamanrasset, étant seul et n’ayant pas reçu l’autorisation de célébrer. Durant 6 ans de janvier 1908 à juillet 1914, on lui retire l’autorisation de garder la réserve eucharistique (corresp. Sahara. p 604 et 527). Il écrit le 2 juillet 1907, à propos de sa dévotion à l’Eucharistie : « Autrefois, j’étais porté à voir d’une part l’infini, le saint sacrifice, d’autre part le fini, tout ce qui n’est pas lui, et à toujours tout sacrifier à la célébration d’une sainte messe (…) Mais ce raisonnement doit pécher par quelque chose, puisque, depuis les apôtres, les plus grands saints ont sacrifié en certaines occasions la possibilité de célébrer à des travaux de charité spirituelle ».

 

  • Cette épreuve ne peut-elle pas être l’occasion de nous interroger sur le lien entre la fréquence de nos communions et celles de nos confessions ? Sur notre manière de préparer nos communions sans tomber dans un rigorisme destructeur ?

 

  • Le trésor de la communion spirituelle, moyen authentique de participation à l’Eucharistie a-t-il toute sa place dans notre vie chrétienne habituelle ? Faisons-nous une distinction entre communion fréquente et communion systématique ? Ce temps de confinement ne peut-il pas nous interroger sur ce systématisme ? N’y a-t-il pas parfois une certaine banalisation du trésor de la communion dans nos habitudes ?

 

  • En Rappel, vous pouvez bien sûr venir à la cathédrale en famille pour l’adoration le dimanche ,de 11h à midi, en vous aidant de la liturgie en temps de confinement qui se trouve sur le site de la paroisse où de tout autre document qui pourrait vous aider. Vous pourrez aussi vous confesser si vous le souhaitez. Bon courage, prions les uns pour les autres !

 

« Les fidèles incorporés à l’Église par le baptême ont reçu un caractère qui les délègue pour le culte religieux chrétien ; devenus fils de Dieu par une régénération, ils sont tenus de professer devant les hommes la foi que, par l’Église, ils ont reçue de Dieu (…) Participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, ils offrent à Dieu la victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle (…) » Concile Vatican II, Lumen Gentium 11.

« Les saints  (…) ont puisé dans la rencontre avec le Seigneur dans l’Eucharistie leur capacité à aimer le prochain de manière toujours nouvelle, et réciproquement cette rencontre a acquis son réalisme et sa profondeur précisément grâce à leur service des autres. Amour de Dieu et amour du prochain sont inséparables, c’est un unique commandement. Tous les deux cependant vivent de l’amour prévenant de Dieu qui nous a aimés le premier. Benoît XVI Deus Caristas est n°18.

 CEC 1389 L’Église fait obligation aux fidèles de participer les dimanches et les jours de fête à la divine liturgie et de recevoir au moins une fois par an l’Eucharistie, si possible au temps pascal préparés par le sacrement de la Réconciliation. Mais l’Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours.

CEC 1392 Ce que l’aliment matériel produit dans notre vie corporelle, la communion le réalise de façon admirable dans notre vie spirituelle. La communion à la chair du Christ ressuscité, « vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante » conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême. Cette croissance de la vie chrétienne a besoin d’être nourrie par la communion eucharistique, pain de notre pèlerinage, jusqu’au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique.

  1. 13. La participation la plus parfaite à la célébration eucharistique consiste à recevoir la communion sacramentelle au cours de la messe ( … )
  2. 14. Il faut amener les fidèles à communier dans la célébration eucharistique elle-même. Cependant les prêtres ne refuseront pas de distribuer la communion, même en dehors de la messe, aux fidèles qui le demandent pour un juste motif ( … ) Notes Pastorales du rituel de l’Eucharistie en dehors de la messe